Crépuscules
Quand je passe, le soir, chargé de quelques victuailles,
et autres produits de maison,
tu ne mentends pas entrer.
Tu es dans ton fauteuil regardant la ville par la fenêtre sud.
Et je te regarde et vois notre passé.
Ta jeunesse, ma jeunesse. Ta gaieté.
Et cette force qui faisait mon admiration
et que je redoutais parfois.
Tu nas pas connu ton père mort à la guerre.
Je nai pas connu le mien disparu à la guerre pareillement.
Et cette poliomyélite qui ta prise à 6 mois et ne ta plus quittée.
Handicapant chaque jour de ta vie.
Et tu es là dans ton fauteuil et tu chantes.
Tu connais encore toutes les chansons de ces époques. Par coeur.
Tu me parais heureuse et je taime.
Mais je ne te le dirai pas.
Je ne te lai peut-être jamais dit car, inexplicablement, jen aurais eu honte.
De derrière ton fauteuil je me regarde dans la glace et me vois maintenant
bien vieux.
Je sais quil faudra bientôt nous quitter.
Je me penche et je tembrasse.
24 04 2003
à ma mère
ubah naxomob
4 Janvier 2006
